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Montée inquiétante de l'islamophobie en France

publié le 29 oct. 2019 à 03:26 par Mosquée Almohsinine   [ mis à jour : 29 oct. 2019 à 03:28 ]


Voile, attaque à la mosquée de Bayonne, signes de radicalisation,... : des responsables musulmans dénoncent "le climat actuel"


Ils appellent "les musulmans de France à l'extrême vigilance sans jamais perdre confiance dans les valeurs de paix et de respect".
C'était, selon eux, une attaque prévisible. Des responsables musulmans ont estimé qu'il ne fallait "pas s'étonner" de l'attaque commise lundi contre la mosquée de Bayonne dans le "climat actuel de stigmatisation de l'islam", appelant les fidèles à une "extrême vigilance". 


"Avec le climat actuel de stigmatisation de l'islam et des musulmans, il ne faut pas s'étonner que de tels actes puissent arriver", a ainsi réagi le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, également délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM). 


"L'inquiétude est grande au sein de la communauté musulmane" de Bayonne, a-t-il ajouté, où un octogénaire, ancien candidat Front national (devenu Rassemblement national) aux élections départementales de 2015, a tenté lundi d'incendier la mosquée avant de tirer et de blesser grièvement deux septuagénaires qui l'avaient surpris. 

"Nous souhaitons un bon rétablissement aux blessés et nous demandons à tous les responsables du culte en cette période d'être très, très, vigilants", a encore dit Abdallah Zekri.  


"Climat anxiogène"


Une inquiétude partagée par l'Union des Mosquées de France (UMF), qui dans un communiqué intitulé "Les lourdes conséquences des discours haineux sur nos concitoyens musulmans", "appelle les musulmans de France à "l'extrême vigilance sans jamais perdre confiance dans les valeurs de paix et de respect qui animent l'immense majorité de nos concitoyens". 

"Dans ce climat anxiogène, nourri par les amalgames et les discours anti-musulmans", estime l'organisation présidée par Mohammed Moussaoui, "ceux qui contribuent à la banalisation de la haine et du racisme prennent la lourde responsabilité d'exposer leurs concitoyens de confession musulmane à ce type d'attaque criminelle qui menace notre cohésion nationale et notre vivre ensemble". 

Sur BFMTV, le vice-président du CFCM, Anouar Kbibech, a également évoqué "la grande inquiétude des musulmans de France", "stigmatisés dans leurs pratiques religieuses par les différentes polémiques et les différentes attaques". "Après l'attentat qui a visé la préfecture de police de Paris, nous avons dit qu'il y aurait une explosion des actes anti-musulmans", a-t-il déclaré. 

"C'est exactement ce qu'il s'est passé au lendemain des attentats de Charlie hebdo et de l'Hyper Cacher" en janvier 2015 à Paris, a-t-il ajouté, "et là on voit une augmentation dans la gravité des attaques puisque c'est avec des armes à feu".  


"Déshumanisation des musulmans"


L'organisation Musulmans de France a dit ne pouvoir "que constater avec colère que la banalisation de l'islamophobie, l'amagalme répété et entretenu entre islam et terrorisme, les tribunes offertes à des polémistes haineux, les prises de positions irresponsables de certains politiques ont pour conséquence cette déshumanisation des musulmans permettant ce genre de passage à l'acte". 

Elle a aussi estimé, dans un communiqué, que "la réponse face au terrorisme n'est pas à chercher du côté de la vie communautaire. Les terroristes ne fréquentent ni mosquées, ni structures communautaires, ni imams". 


"Débats hystériques sur le voile"


Dans un communiqué, SOS Racisme a critiqué les "débats hystériques autour de la question du voile" et s'est dit "révulsé". L'organisation appelle "le président de la République et les membres du gouvernement à cesser de faire preuve d'improvisations et d'approximations sur ces sujets inflammables", et "les médias à cesser de jouer avec les appels à la haine", qui "n'est ni un spectacle, ni un commerce". 



De nombreux artistes et intellectuels ont réagis suite à cette hystérie autour du voile. 
Diam's cite les propoos d'un autre artiste:  " 2400 milliards d’euros de dettes. 6 millions de chômeurs. 9000 suicides par an. 48000 morts dus à la pollution de l’air. 165000 enfants victimes de viols et de violences sexuelles par an. Le seul vrai problème de la France ? 3 voilées et 2 barbus ".
Une phrase de Pascal Boniface, directeur fondateur de l’IRIS a aussi retenu, déclare : « Quand le sage parle de guerres, de pauvreté, d’Injustices, de réchauffement climatique. Ou d’exploitation et de discriminations. L’imbécile voit le voile. Est ce le problème majeur de la France ou un moyen de détourner l’attention des vrais problèmes ? »

C'est pour cela que plusieurs intellectuels et artistes ont lancé un véritable appel à la tolérance. En effet,  dans une tribune publiée par Le Monde mardi 15 octobre, 90 personnalités françaises demandent à Emmanuel Macron de dire « stop à la haine contre les musulmans de France ». Plus précisément, elles demandent à ce que soit condamnée la prise à partie d’une femme voilée par un élu du Rassemblement national à Dijon. Parmi les signataires figurent des artistes – Omar Sy, Marina Foïs ou encore Géraldine Nakache – mais aussi les sociologues Éric Fassin, Zahra Ali et Sylvie Tissot. L’animatrice Alessandra Sublet, la journaliste Rokhaya Diallo ou encore l’humoriste Guillaume Meurice ont également apposé leur signature sur cette tribune. 


« Agissons pour le vivre ensemble voulu par tous, 
et contre la division prônée par certains. »