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Article dans le journal le Progrès sur la difficulté de l'abattage pour l'Aid cette année à Bourg en Bresse

publié le 11 août 2019 à 00:47 par Mosquée Almohsinine   [ mis à jour : 12 août 2019 à 14:03 ]

Difficile de fêter l’Aïd dans le département

Cette année, aucun abattoir de l’Ain n’a été agréé pour pratiquer l’abattage rituel des animaux à l’Aïd. Difficile donc, pour les musulmans du département de célébrer correctement cette fête.

À partir de dimanche 11 août, les musulmans du monde entier fêteront l’Aïd-el-Kébir ou Aïd al-Adha (fête du sacrifice), pendant trois jours. Une célébration aussi importante que le Noël chrétien ou Hanoukka pour les Juifs. On se retrouve en famille, on se concentre sur sa foi, on pense aux plus démunis, et on mange ! Notamment du mouton, qui doit être « sacrifié » selon un rite bien particulier. Seulement cette année, aucun abattoir de l’Ain n’a été agréé par la préfecture pour le pratiquer.

« C’est une véritable déception », regrette Ismail El Khabchi, membre du centre culturel islamique de Bourg-en-Bresse et organisateur de l’événement les années précédentes. Depuis 2017, l’association faisait appel à un abattoir mobile roulant pour ovins. Celui-ci s’installait sur le site annexe du Foirail de la Chambière, à Saint-Denis-lès-Bourg. « Et ça marchait bien. Entre 2017 et 2018, on avait presque doublé le nombre d’abattage. Près de 400 moutons au total. On espérait continuer comme ça. »

Cette année, l’éleveur s’est désisté au dernier moment en raison, selon Ismail El Khabchi, de « problèmes financiers ». Le centre culturel ne peut présenter de dossier à la préfecture à temps. Trop tard pour trouver une solution, la fête tombe à l’eau. « On se prépare pour l’année prochaine. On s’est fait avoir une fois, pas deux », promet Ismail El Kabchi. Jusqu’en 2016, les abattoirs de Bourg-en-Bresse étaient agréés. « Malheureusement ils ne souhaitent plus l’être depuis un rapport de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui a durci les règles. »

De leur côté, les abattoirs Gesler, à Hotonnes, ont supprimé ce service lors de la reconstruction après l’incendie criminel dont ils ont été victimes en septembre 2018. « De toute façon, aucun abattoir ne fonctionne le dimanche. Habituellement, on est toujours prévenu à l’avance pour que l’on décale nos commandes. Mais cette année, rien du tout. Je n’étais même pas au courant que l’Aïd était ce week-end », détaille un boucher de Bourg-en-Bresse. Selon le site de la préfecture, les abattoirs de Valserhône et de Thoiry permettraient de « choisir et de réserver votre animal avant de récupérer sa carcasse. Il faudra prendre directement et au plus tôt, contact avec les établissements indiqués pour toute réservation. »

Sur le site, les deux éleveurs à contacter sont en Haute-Savoie et travaillent avec des habitués. « Je ne prends pas de réservations par téléphone, assure M. Chevallet. Chaque année, les mêmes personnes viennent choisir leur animal et je m’occupe de les amener à l’abattoir. »

La boucherie Halal, seule solution

La seule solution légale est donc de se fournir en viande à la boucherie. Chez Yousra, à Bourg-en-Bresse, la chambre froide est prête et les ventes s’étaleront sur trois jours. Beaucoup s’attendaient à une baisse de la demande. En août, de nombreux musulmans partent en vacances à l’étranger. Pourtant, 82 moutons ont été commandés spécialement pour l’Aïd par des clients. « Comme les années précédentes, précise la responsable. De toute façon, on ne peut pas en faire plus si on veut travailler correctement. »


FAIRE L’ABATTAGE RITUEL CHEZ SOI, UNE PRATIQUE RISQUÉE

Le transport d’animaux vivants dans des conditions ne satisfaisant pas à leur bien-être est une infraction punie d’une amende de 750 €. Le recours à l’abattage hors abattoir est illicite. Ce délit est réprimé par une peine allant jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. De plus, il fait encourir des risques sanitaires aux consommateurs, car la viande et les abats consommés ne seront pas issus de carcasses d’animaux confirmés propres à la consommation par les services vétérinaires de la DDPP. En outre, ils présentent des risques au regard de la santé animale et de la protection de l’environnement.

Paul GANASSALI pour "Le Progrès"

https://www.leprogres.fr/ain-01/2019/08/10/difficile-de-feter-l-aid-dans-l-ain